Connu pour ses activités industrielles, le village d’Aramon est également doté d’un très beau patrimoine, extrêmement bien conservé. Désireuse d’en connaître davantage sur son histoire, j’ai suivi la visite guidée organisée par l’association des Amis de Saint-Pancrace durant les Journées Européennes du Patrimoine. Et bien m’en a pris ! Entre ses hôtels particuliers du XVIIe siècle, ses ruelles pittoresques, et bien sûr le château ayant appartenu à Diane de Poitiers, Aramon a beaucoup à offrir. Voici ses quelques incontournables…

Le quai

La première chose que vous découvrez en arrivant à Aramon c’est son quai en pierre, qui s’étend tout le long du village. Il servait à l’époque à protéger Aramon des inondations du Rhône. Eh oui, c’est peut-être difficile à imaginer de nos jours, mais jusque dans les années 1970, le Rhône arrivait encore aux portes d’Aramon !

Suite à la construction d’un barrage et à l’endiguement du Rhône, le bras du fleuve devant Aramon a été asséché. Aujourd’hui, le quai est une agréable promenade où il fait bon flâner. Prenez le temps de vous y arrêter pour découvrir les photos d’époque qui recouvrent les pots de fleurs. C’est un très bon moyen de s’imaginer la vie au XIXe siècle. 

La maison natale d’Henri Pitot (1695-1771)

Ingénieur en hydraulique français et inventeur du « tube de Pitot », Henri Pitot est né à Aramon en 1695. Rien ne laissait présager que ce jeune homme deviendrait un célèbre ingénieur. Pourtant, après un pensionnat à l’Académie Royale des Sciences de Paris, et une élection à la Société Royale de Londres, Henri Pitot inventa en 1732, le tube de Pitot. Il est toujours utilisé aujourd’hui par les navires et avions pour mesurer la vitesse des fluides.

On lui doit également le pont routier accolé au célèbre Pont du Gard et l’aqueduc Saint-Clément de Montpellier.

Si vous regardez avec attention la maison, vous y verrez des traces de balles sur les murs. Ce sont les vestiges du terrible conflit entre catholiques et protestants dont Aramon a souffert à la fin du XVIe siècle.

Les hôtels particuliers

Le village d’Aramon regorge de magnifiques façades et portes anciennes d’hôtels particuliers, édifiés lors de la prospérité de son port au XVIIe siècle.

  • Hôtel de Forton : construit au début du XVIIe siècle, il fut par la suite acheté par la commune pour y abriter la mairie jusqu’en 1977. A regarder : la porte d’entrée, la tourelle en encorbellement, et la lancée médiévale du toit avec une chimère en bois à tête de crocodile et écailles de poisson.
  • Hôtel de Jossaud : avec sa porte carrée et sa très belle façade, cet hôtel particulier fut pendant deux siècles propriété de la famille Jossaud, vieille noblesse de robe et coseigneurs d’Aramon.
  • Hôtel de Laudun : l’un des plus beaux du village !  Il appartenu à famille de Laudun, coseigneurs d’Aramon. Sa porte d’entrée est d’origine avec la date 1678, et le balcon à balustre.
  • Hôtel Choisity : superbement conservée, cette belle demeure du XVIe siècle est devenue par la suite la propriété de Jean Sauvan, riche marchand. On peut d’ailleurs encore apercevoir ses initiales au-dessus de la porte, aux côtés de celles de son fils (AS). Ne passez pas à côté de son architecture en trois niveaux : le rez-de-chaussée, l’étage noble et l’attique, où logeaient les serviteurs.
  • Hôtel Saint-Jean : situé face à l’Hôtel Choisity, sa façade se trouve fortement endommagée. Ce qui n’enlève rien de sa beauté architecturale. Dans la cour, se trouve une petite porte d’angle exceptionnelle.
  • Hôtel de Posquières : cet hôtel particulier appartenant à la famille Posquières est surtout connu grâce à François de Posquières. Il créa le premier ordre bachique en 1703 « L’Ordre de la Boisson et de la Stricte Observance ». Les vignerons des Costières du Gard reprennent et perpétuent cet ordre.

L’église Saint-Pancrace

Au cœur du centre historique d’Aramon se trouve l’Église Saint-Pancrace, du nom de Pancrace, martyrisé au IIIe siècle à Rome.

De style roman provençal, l’église a été construite en plusieurs étapes. D’abord le chœur et un petit clocher, puis la nef principale et enfin, le clocher pointu sur le chevet. La façade quant à elle, date du XVIIIe siècle. Remarquez l’œil de bœuf au-dessus de la porte principale et le bandeau noir au-dessus du portail latéral.

Le château d’Aramon

Impossible d’écrire sur Aramon sans mentionner son château qui domine le vieux bourg. D’abord d’utilité défensive au XIIe siècle (on aperçoit d’ailleurs encore quelques traces de remparts), le château a subi lui aussi d’importants dégâts pendant les guerres de religion et la Révolution.

Sa tour carrée s’appelle « Tour de Diane » en l’honneur de Diane de Poitiers, favorite d’Henri II, et seigneuresse d’Aramon de 1547 à 1566, qui lui fit présent du château.

Aujourd’hui, le château d’Aramon appartient toujours au Marquis d’Aramon, et ce depuis 1653.

Un pont en pierre fait la liaison entre le château et son parc méditerranéen de 7 hectares. Un véritable écrin de verdure avec de nombreuses allées, et quelques capitelles au centre.

Le jardin et le château se visitent à l’occasion de grands rendez-vous : les Journées Européennes du Patrimoine, Rendez-vous aux Jardins…

Vous l’aurez compris, Aramon possède un riche patrimoine qui mérite d’être découvert. De nombreux travaux ont d’ailleurs été réalisés pour le restaurer et le valoriser. Les panneaux explicatifs devant chaque monument, permettent d’en savoir plus sur ces lieux.

Un grand merci aux Amis de Saint-Pancrace, aux Amis du Château d’Aramon et à l’OCPA pour cette visite guidée très agréable et instructive !

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